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Evangeline Font construit des mondes instables, entre réalité, fiction et imaginaire.

À travers la sculpture et l’installation, elle assemble objets, architectures, figures animales et formes hybrides. Céramique, moulage, teinture, distillation, vidéo et dessin lui permettent de transformer la matière et ses états. Sa pratique s’appuie sur la science-fiction, les théories féministes et différents récits qui nourrissent son univers. L’enfance et le rêve occupent une place centrale, comme espaces où se construisent et se transforment nos représentations du monde. Elle envisage la mémoire comme une matière malléable, capable de se contaminer et de produire de nouvelles perceptions. Les formes familières deviennent alors étranges : un crocodile dévore des visages miniatures, un pistolet se transforme en nid d’insectes.

Ces associations introduisent du trouble et permettent à plusieurs interprétations de coexister. La contamination devient une manière de penser la psyché comme un organisme vivant, en constante transformation. La sculpture elle-même porte cette contradiction entre désir de fixer une forme et impossibilité de toute stabilité. L’œuvre devient ainsi un organisme ouvert à l’altération, dont le sens continue d’évoluer. La fiction constitue enfin une méthode pour interroger la manière dont nos réalités se construisent, entre mémoire, transformation, soin et imaginaire.